FIFA-CAF : accusations de colonisation et enjeux de gouvernance africaine

La formule est directe : certains dirigeants africains accusent la FIFA de coloniser la CAF. Derrière cette expression provocatrice se cache un vrai débat de fond sur l'autonomie des federations régionales et la répartition du pouvoir dans le football mondial. Quand une instance internationale envoie son propre personnel diriger les opérations d'une confederation continentale, ou commence la coopération et ou finit l'ingérence ?

Les réformes qui ont declenche la polemique

Après les scandales de gouvernance qui ont eclabousse la CAF sous la presidence d'Ahmad Ahmad (suspendu par le Comité d'éthique de la FIFA en 2020), la federation internationale a propose un plan d'assistance administrative. Des fonctionnaires FIFA ont été places a des postes operationnels au sein du secretariat de la CAF. Certains États membres ont approuve ces mesures comme un passage oblige pour assainir les finances. D'autres, dont plusieurs federations d'Afrique de l'Ouest, les ont dénoncées comme une violation du principe d'autonomie prévu dans les statuts de la FIFA elle-même.

Quel avenir pour la gouvernance du football africain ?

La question dépasse la seule personnalité de Patrice Motsepe, elu president de la CAF en 2021 avec le soutien explicite de Gianni Infantino. Le football africain a besoin de réformes structurelles : meilleure distribution des droits TV, renforcement des ligues domestiques, formation des arbitres, lutte contre la corruption. Ces réformes peuvent-elles être conduites de l'intérieur, par une équipé africaine competente et independante ? Ou la CAF a-t-elle besoin d'un appui externe pour briser les cycles de mauvaise gestion ? La réponse conditionnera l'avenir du football sur un continent qui compte plus de 500 millions de supporters et qui sous-performe chroniquement en Coupe du monde par rapport a son potentiel demographique.

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