Tirs au but : ce que dit la règle, et ce que dit la statistique

La séance dure quelques minutes et se prépare depuis longtemps. Elle obéit à un règlement précis que même les supporters réguliers connaissent mal, et elle traîne une croyance statistique qui a été démentie sans que la croyance disparaisse.

Deux tirages au sort, pas un

Le premier détermine dans quel but la séance se déroulera, ce qui n'a rien d'anodin puisqu'il place les tirs devant l'une ou l'autre tribune. Le second désigne l'équipe qui choisit de commencer ou de laisser l'adversaire ouvrir. Chaque équipe dispose ensuite de cinq tentatives, alternées ; si l'égalité subsiste, la séance se poursuit tir pour tir jusqu'à ce qu'une équipe prenne l'avantage sur un nombre égal de tentatives.

Qui a le droit de tirer

Seuls les joueurs présents sur le terrain au coup de sifflet final peuvent participer, remplaçants exclus. Si une équipe a été réduite à dix, l'autre doit se ramener au même nombre avant le début de la séance et désigner qui n'y prendra pas part. Le gardien ne peut être remplacé que s'il se blesse et que l'équipe dispose encore d'un changement, ce qui rend les substitutions de fin de prolongation plus stratégiques qu'elles n'en ont l'air.

Ce que le gardien peut faire

La règle a changé en 2019 et l'ancienne version circule encore. Avant le tir, le gardien doit conserver une partie d'un pied sur la ligne ou au-dessus, et non plus les deux : il peut donc avancer un pied, ce qui explique les positions déséquilibrées que l'on voit aujourd'hui. Il n'a en revanche pas le droit de toucher les montants, la barre ou les filets pour les faire bouger, ni de retarder délibérément le tireur.

L'avantage de tirer en premier est contesté

C'est le point le plus intéressant. Une étude devenue célèbre au début des années 2010 avait conclu que l'équipe tirant la première l'emportait dans une nette majorité des cas, et le chiffre a circulé partout. Des travaux ultérieurs, portant sur des échantillons bien plus larges, n'ont retrouvé qu'un écart faible, voire aucun. Un format alterné destiné à corriger ce déséquilibre supposé a même été expérimenté puis abandonné, faute de démontrer son utilité. Autrement dit, l'avantage est aujourd'hui douteux, et le répéter comme un fait établi ne tient pas.

Ce qui se joue vraiment

La préparation, l'ordre des tireurs et la capacité à répéter le geste sous pression pèsent davantage que le côté de la pièce. C'est aussi ce qui rend ces séances imprévisibles, et pourquoi elles laissent des souvenirs durables aux supporters, comme le rappelle notre présentation du site.

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