Phil Neville, alors sélectionneur de l'équipe d'Angleterre féminine, a comparé la qualité de relance de ses Lionesses à celle du FC Barcelone, modèle mondial du jeu court depuis l'arrière. La comparaison dit surtout le chemin technique parcouru par le football féminin anglais, et les risques qu'implique cette façon de jouer.
La comparaison de Phil Neville entre le jeu de construction de l'équipe d'Angleterre feminine et celui du FC Barcelone a surpris, mais elle mérite un examen sérieux. Le Barça est depuis des décennies la référence mondiale en matière de sorties de balle propres et de possession structurée. Dire que les Lionesses s'en approchent dans certains aspects tactiques, c'est reconnaître une progression technique réelle et mesurable.
Ce que la comparaison signifie concrètement
Quand Neville parle du jeu à l'arrière, il fait référence à la capacité des joueuses à ressortir proprement depuis la défense, sous pression, en utilisant le gardien de but comme option de passe. Le FC Barcelone a popularisé ce type de jeu avec son gardien Victor Valdés puis Marc-André ter Stegen : ne jamais dégager en catastrophe, toujours chercher la solution courte et propre. Les Lionesses ont adopté cette philosophie sous Neville, avec une défense qui cherche à construire plutôt qu'à dégager.
Les mécanismes de la sortie de balle
Une relance courte repose sur quelques principes répétés à l'entraînement : des défenseuses centrales qui s'écartent pour offrir des angles de passe, une gardienne à l'aise au pied, une milieu qui décroche entre les lignes pour recevoir dos au jeu, et des latérales qui montent pour étirer le bloc adverse. Le but n'est pas de garder le ballon pour le plaisir, mais d'attirer le pressing adverse pour exploiter l'espace qu'il libère plus haut. Quand la sortie fonctionne, l'équipe franchit le premier rideau adverse en quelques passes et attaque une défense désorganisée.
Les limites et ce que cette approche demande
Jouer proprement depuis l'arrière demande du courage et une confiance totale entre les joueurs. Quand un défenseur rate une passe sous pression dans sa propre surface, les conséquences peuvent être catastrophiques. L'équipe d'Angleterre prend ce risque consciemment, avec l'objectif de construire un jeu plus élaboré que les adversaires. Lucy Bronze, latérale droite de classe mondiale, incarne cette philosophie : elle sort le ballon proprement, progresse balle au pied et prend des décisions sous pression. Barcelone ou pas, ce niveau de qualité dans la construction arrière est une vraie force des Lionesses.
Les adversaires ont appris à répondre par un pressing très haut, qui oblige l'équipe à accepter, parfois, un jeu plus direct. Les meilleures équipes savent alterner : construire court quand l'adversaire recule, jouer long quand il presse en nombre. Cette capacité à lire le moment compte autant que la technique pure.
Ce qu'il en est resté
Neville a quitté la sélection quelques mois plus tard pour entraîner l'Inter Miami, en MLS. Sous la direction de Sarina Wiegman, qui lui a succédé, les Lionesses ont remporté l'Euro disputé à domicile, avec un jeu de possession plus abouti encore. Le travail de construction amorcé sous Neville a ainsi trouvé un prolongement. D'autres articles reviennent sur cette période, comme les déclarations de Phil Neville sur une Angleterre qui doit rester impitoyable ou l'impact attendu d'une victoire en Coupe du monde sur le foot féminin.
















