Maurizio Sarri a quitté Chelsea pour la Juventus, au lendemain d’une saison conclue par une victoire en Ligue Europa portée par Eden Hazard. Lors de sa présentation à Turin, l’entraîneur italien a expliqué ce que ce joueur hors norme lui avait appris : bâtir une équipe autour d’un créateur capable de faire basculer un match, tout en compensant ce qu’il ne donne pas sans le ballon. Croustifoot revient sur cette leçon et sur ce qu’elle annonçait de son passage chez les Bianconeri.
Le contexte : de Chelsea à la Juventus
Sarri n’est resté qu’une saison à Londres. D’après Sports Illustrated, il y a remporté la Ligue Europa et mené le club à la troisième place de Premier League « dans des circonstances difficiles », avant de s’engager avec la Juventus pour un contrat initial courant jusqu’en 2022. Il succédait à Massimiliano Allegri, avec une mission claire : prolonger la domination du club en Serie A et viser enfin la Ligue des champions.
Son dernier match sur le banc des Blues a résumé son année. En finale à Bakou, Chelsea a battu Arsenal 4-1 et, selon le site officiel de la Premier League, Eden Hazard y a signé un doublé et une passe décisive. Quelques jours plus tard, le Belge rejoignait le Real Madrid, un épisode que nous racontons dans notre article sur l’arrivée d’Eden Hazard au Real Madrid.
Ce que Hazard a appris à Sarri
Le « sarrisme » repose sur la passe courte, le pressing haut et un bloc qui défend à onze. Hazard ne rentrait pas tout à fait dans ce moule. Devant la presse turinoise, rapportée notamment par Blueprint, Sarri l’a reconnu sans détour : il avait fallu s’adapter aux caractéristiques du Belge, parce qu’il pouvait changer un match à lui seul, mais sa présence posait aussi des problèmes défensifs qu’il fallait travailler.
C’est là que se trouve la fameuse « philosophie Hazard » du titre : non pas une méthode du joueur, mais une leçon de gestion pour l’entraîneur. Un système, même très codifié, doit laisser de la place à l’individu qui fait la différence, puis organiser les autres autour de lui pour couvrir ses absences sans le ballon.
- Libérer le créateur : moins de tâches défensives pour le joueur qui décide des matchs.
- Compenser : un milieu et un latéral qui coulissent davantage de son côté.
- Accepter l’imperfection : un pressing moins uniforme, en échange de buts et de passes décisives.
- Écouter le vestiaire : Sarri disait vouloir parler aux joueurs avant de fixer son système.
Cristiano Ronaldo, le nouveau « Hazard » de Sarri
À Turin, la question se posait avec plus de force encore. Sarri y héritait de Cristiano Ronaldo, dont il disait vouloir l’aider à battre de nouveaux records, en ajoutant qu’entraîner un tel joueur serait pour lui une étape de plus. Le parallèle était évident : comme avec Hazard, il fallait construire un collectif exigeant autour d’un attaquant qui ne serait jamais le premier défenseur de l’équipe.
Le technicien a d’ailleurs refusé d’être enfermé dans un schéma unique. Il expliquait commencer souvent la saison dans un système et la finir dans un autre, preuve que la leçon tirée de Londres portait d’abord sur l’adaptation aux hommes plutôt que sur un dogme tactique.
Réactions et perspectives
Pour les supporters de Chelsea, ces propos ont parfois été lus comme une pique envers Hazard ; pour les observateurs italiens, ils montraient surtout un entraîneur lucide sur les limites de sa méthode. Dans les deux cas, ils éclairent la difficulté de tout technicien à système face à une star offensive : trouver l’équilibre entre liberté individuelle et rigueur collective. Retrouvez sur Croustifoot nos autres analyses d’entraîneurs, de transferts et de grandes compétitions européennes.
















