Nagendra Prasad Sarbadhikari est considéré comme le père du football indien. Jeune Bengali de Calcutta à la fin du XIXe siècle, il a fait découvrir ce sport à ses camarades et fondé l'un des premiers clubs indiens, ouvrant la voie à une passion qui fait encore de Kolkata la capitale du football en Inde.
Nagendra Prasad Sarbadhikari est une figure peu connue en dehors de l'Asie du Sud, mais elle occupe une place fondatrice dans l'histoire du football indien. Ce jeune étudiant bengali de la fin du XIXe siecle est considéré comme le premier a avoir joue au football en Inde selon les règles européennes, et a contribue a diffuser ce sport auprès des populations locales a une époque ou le football etait pratiquement réservé aux soldats et aux fonctionnaires britanniques.
Son rôle tient moins à un exploit sportif qu'à une démarche : il a montré que ce jeu importé pouvait appartenir aussi aux Indiens. En organisant des matchs entre jeunes Bengalis et en cherchant à affronter les équipes britanniques, il a transformé un loisir colonial en terrain d'affirmation.
Le contexte historique : le football en Inde coloniale
Le football est arrive en Inde dans les bagages de l'armée et des fonctionnaires britanniques au milieu du XIXe siecle. Les premiers clubs etaient exclusivement européens et la pratique par les populations locales etait mal vue, parfois interdite dans les clubs réserves aux Britanniques. Nagendra Prasad Sarbadhikari, issu d'une famille éduquée de Calcutta (aujourd'hui Kolkata), a brise cette barrière en s'initiant au football autour de 1877 et en entrainant d'autres jeunes bengalis a ce sport. Kolkata est depuis cette période l'un des bastions du football indien.
Les premiers clubs bengalis
Après ses débuts, Sarbadhikari a fondé des clubs de football à Calcutta, dont le Sovabazar Club, considéré comme l'un des premiers clubs indiens à affronter des équipes britanniques. Son action a encouragé la création d'autres associations sportives dans la ville, parmi lesquelles Mohun Bagan, appelé à devenir l'un des clubs les plus célèbres du pays. La victoire de Mohun Bagan, joueurs pieds nus, face à un régiment britannique en finale de l'IFA Shield au début du XXe siècle, est restée comme un symbole de fierté nationale à l'époque coloniale.
Son heritage dans le football indien moderne
La graine plantée par Sarbadhikari a produit une culture footballistique spécifique a Kolkata, ou des clubs comme Mohun Bagan et East Bengal (fonde en 1920) ont une rivalité aussi intense que n'importe quel derby européen. Le football indien a connu des hauts et des bas depuis cette époque pionnière, mais l'enthousiasme populaire pour le sport reste intact. L'Indian Super League, créée en 2013, tente de professionnaliser et commercialiser ce potentiel : le pays qui compte 1,4 milliard d'habitants n'a pas encore produit une équipe nationale capable de se qualifier pour une Coupe du monde, mais les bases sont la.
Un rendez-vous manqué avec la Coupe du monde
L'Inde avait pourtant obtenu sa place pour la Coupe du monde organisée au Brésil au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avant de déclarer forfait. Les explications avancées varient selon les récits : coût du voyage, priorité donnée aux Jeux olympiques, débat sur le jeu pieds nus. Cette occasion manquée est souvent évoquée comme un tournant, à une époque où l'Inde comptait parmi les meilleures sélections d'Asie.
Kolkata, capitale du football en Inde
Aujourd'hui encore, les derbies de Kolkata remplissent les stades et passionnent la ville, où le football rivalise avec le cricket dans le cœur des supporters. Les ambitions internationales du pays se lisent aussi dans sa candidature à l'organisation de la Coupe d'Asie. D'autres histoires du football mondial sont à retrouver dans la rubrique actu foot, résultats et analyses.
















