Coupe du Monde 2014 : un véritable cadeau empoisonné

Source : www.nouvelobs.com

En 2007, le rêve devient réalité pour le Brésil, désigné pays organisateur du Mondial 2014. Mais en plus de devoir assumer son statut de favori de la Coupe du Monde face à toutes les grandes nations (voir les autres favoris), la Seleçao devra supporter une pression médiatique et économique incroyable.

Il faut dire que depuis plusieurs mois,l’organisation de ce Mondial suscite de nombreuses contestations au Brésil. 80% des Brésiliens souffrent déjà de son impact économique et se lèvent contre l’évènement, jugé comment un véritable cadeau empoisonné. Annoncé merveilleux sur le terrain, ce Mondial pourrait bien être le plus compliqué de l’histoire à gérer en dehors. Entre passion et réalité, retour sur une Coupe du Monde aux deux visages.

20 milliards investis, pour quelles retombées ?

Le Brésil accueillera la Coupe du Monde avec de superbes stades flambant neufs, des autoroutes rénovées et un réseau de transport largement étendu. Pour les fans du monde entier et tous les téléspectateurs, l’évènement sera royal.

On ne peut pas en dire autant pour les Brésiliens, sur qui le pouvoir marche pour s’enrichir. Les dizaines de milliers de personnes expulsées de leur foyer afin de satisfaire les constructions liées au Mondial et laissées à l’abandon pourront en témoigner. Et que dire des millions de Brésiliens sur qui 20 milliards d’euros vont retomber, sous la forme de hausse des taxes.

Corruption et inégalités au cœur du Mondial

Évidemment, les organisateurs annoncent une hausse de la croissance, de la création d’emplois et des retombées positives à long terme sur le tourisme. De nombreux économistes ont pourtant prouvé que tous les grands évènements sportifs ne paraissent intéressants que sur une courte période, avant de se retourner contre le pays organisateur. Ce pourrait être encore plus criant au Brésil où le pouvoir est majoritairement corrompu. D’autant que certains stades construits dans des régions moins  attirées par le football finiront à l’abandon.

Les seuls bénéficiaires de ce Mondial seront comme toujours les instances, ainsi que les grandes entreprises ayant décroché des contrats de construction/distribution. Mais à l’heure où le Brésil accuse encore un déficit de 5 millions de logements, compte près de 30% de ses 201M d’habitants dans des bidonvilles et doit faire face à de terribles inégalités dans les domaines de la santé et de l’éducation, il n’est pas étonnant de voir des millions de personnes protester dans les rues. Et pour renforcer la sécurité, l’État va encore payer.

« Le football est plus fort que l’insatisfaction des gens ». En lançant cette phrase du balcon de son chalet suisse, coupe de champagne à la main, Joseph Blatter a encore renforcé le sentiment de révolte au Brésil. Placé au cœur d’une organisation majoritairement corrompue générant 90% de ses revenus grâce à la Coupe du Monde, le président de la FIFA a prouvé que la cupidité n’avait aucune limite en poussant le gouvernement à bafouer ses propres  lois. On retrouvera par exemple de l’alcool dans tous les stades du Mondial. Santé !

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