L’OM sacrifie la liberté d’expression de la presse pour du fric ?

Comme si le milieu du football n’était déjà pas assez pollué par la communication insipide, l’Olympique de Marseille a décidé de compliquer le travail des journalistes qui couvrent son actualité.

Ce mardi, le club leur a envoyé un mail contenant un règlement intérieur (ci-joint en PDF) pour la saison qui démarre.

Le texte vise à réguler l’exploitation médiatique des conférences de presse et des entraînements. Il a outré la profession :

  • obligation d’appartenir à une liste d’accrédités pour assister aux conférences de presse ;
  • le club se donne le droit de « suspendre, retirer ou annuler » une accréditation en cas de manquement au règlement ;
  • seuls les médias officiels ont le droit de retransmettre les conférences en direct et en intégralité : OM TV et le site internet ;
  • les autres chaînes n’ont le droit de diffuser que 120 secondes de la conférence, au plus tôt une heure après sa fin, si le club est d’accord ;
  • aucun entretien en tête à tête avec un joueur ne dépasse 20 minutes ;
  • pendant les conférences, les journalistes n’ont pas le droit d’utiliser leur téléphone portable. Pas de « tweets », pas de photos.

« Une paranoïa antijournaliste affligeante »

Flicage des journalistes et renforcement du pouvoir des médias officiels – ceux qui n’embêteront pas le club – tels semblent être les commandements de ce très strict règlement intérieur.

Dès lundi soir, le site OM Replay, a publié un texte dénonçant ces nouvelles mesures :

« Ce texte […] est teinté d’une paranoïa antijournaliste affligeante. On comprendrait ces mesures de rétorsion si la Commanderie [le centre d’entraînement, ndlr] était la base arrière d’un lanceur de missiles nucléaires. […] Le journaliste suiveur est devant un champ de barbelés, de petites combines pour entraver la liberté de la presse. »

L’Union des journalistes de sport en France (UJSF), association qui fédère la profession, a également publié un communiqué virulent :

« Devant cette situation, qu’il juge très grave, et après avoir consulté plusieurs patrons de presse, le président de l’UJSF vient de mettre en place une cellule de crise afin de faire face le plus efficacement possible à ce qu’il considère comme une menace sans précédent dans l’histoire de la presse sportive française. »

On voit plusieurs raisons à ce serrage de vis de la part de l’OM :

  • une volonté d’améliorer les revenus d’OM TV : l’abonnement annuel sur Internet coûte 60 euros

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